Lectures

Muse

Autrice : Aurélie CHATEAUX-MARTIN
Auto-édition

Résumé
Styx n’en dormait plus. Il parvenait à peine à manger, à boire, et ne s’accordait du repos que lorsque ses nerfs le lâchaient, qu’il envoyait valser à travers la chambre une de ces peintures, qu’il la détruisait avant de s’horrifier de son acte sacrilège, avoir brisé l’une des toiles de sa muse, celle qui l’obnubilait et hantait ses pensées, nuit et jour. Celle qui le nourrissait mieux que toute forme de mets terrestres. Celle qui lui donnait vie à chaque instant, qui lui insufflait le désir de se surpasser, de peindre, encore et encore, jusqu’à l’anéantissement. Jusqu’à toucher du doigt la perfection. Il avait découvert une part de Divin dans les courbes de Maël, dans sa beauté, dans sa candeur perverse, et il ne pouvait pas, ne voulait pas s’arrêter.
Peindre.
Peindre.
Peindre.
Sa muse l’appelait. Sa muse exigeait. Sa muse l’obligeait à se dépasser lui-même. Sa muse était sa Source. Celle dans laquelle il puisait son art. Celle qui le pousserait vers les sommets les plus fous. Avant de signer sa déchéance.

Mon avis
Il y a de ces romans que vous n’aviez pas prévu de lire, mais qui s’invitent dans votre programme sans vous demander votre avis. C’est le cas de Muse, découvert grâce au compte Twitter de son autrice, Aurélie CHATEAUX-MARTIN, à l’occasion de l’annonce d’une adaptation manga de son roman, en collaboration avec l’artiste Mélancolie ODD.

J’avais déjà eu un aperçu du style d’Aurélie avec la première intégrale de sa série Le Feu des Steppes (dont il faut d’ailleurs que je lise la suite…) et, après avoir lu le résumé de Muse par curiosité, j’ai eu envie de découvrir ce titre dont je me suis procuré l’intégrale en numérique.

Avant toute chose, il me faut vous prévenir que ce roman est destiné à un public averti : au-delà des scènes de sexe très crues, il aborde des sujets difficiles (pédophilie, homophobie, maltraitance physique et/ou psychologique, prostitution infantile, drogue…) et susceptibles de heurter la sensibilité du lecteur.

En effet, Maël et Styx, les protagonistes, sont tous les deux des personnages torturés  qui, bien qu’encore jeunes, ont eu leur lot de malheurs pour plusieurs vies.
Ce passé douloureux n’est d’ailleurs pas sans conséquence sur leur comportement parfois paradoxal, et rend leur relation pour le moins compliquée, chacun étant habité par ses propres démons.

Maël est un adolescent qui cache sa souffrance sous un sourire de façade et un air nonchalant et aguicheur ; Styx est un jeune adulte épris de liberté, peintre virtuose mais de caractère bougon et maladroit avec les mots. Leur rencontre va faire des étincelles, pour le meilleur et pour le pire…

J’ai adoré la façon dont Aurélie a construit son récit, alternant les passages situés dans le présent avec des épisodes du passé (pas forcément présentés dans un ordre chronologique) de chacun des personnages, variant les points de vue entre celui de Maël et celui de Styx. Cette « mise en scène » rend la narration très dynamique et très addictive, et je me retrouvais à chaque fois à dévorer les pages pour connaître la suite !

Les passages sur le vécu des protagonistes sont présentés de manière intelligente : au fur et à mesure que la lumière dissipe les ténèbres qui peuplent leurs passés respectifs, le puzzle prend forme, nous révélant les personnages dans leur entièreté, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses, les batailles qu’ils ont dû mener et les cicatrices qu’elles leur ont laissées, nous permettant de comprendre ce qui les pousse à (ré)agir de telle ou telle façon dans le présent.

Le sexe, bien qu’omniprésent (sous des formes variées), n’est pas juste là de façon gratuite ou pour le fan service : il a son propre rôle à jouer, pouvant être tour à tour l’expression de l’amour ou le résultat de mauvaises intentions, dénonçant parfois des pratiques (citées plus haut) qui demeurent taboues et dont on n’ose pas trop parler même si, dans l’ombre, elles existent réellement.

J’ai aimé aussi la façon dont l’amour est abordé dans ce roman : libérateur, toxique, bienveillant, envahissant… il présente plusieurs facettes, en fonction des relations établies entre les différents personnages et de leur façon de voir les choses. Certains personnages sont exclusifs, jaloux, possessifs, manipulateurs alors que d’autres, plus libertins, refusent de se laisser « enchaîner ». Parfois même, la limite entre amitié et relation amoureuse devient dangereusement floue, donnant lieu à des situations ambigües. C’est le cas notamment entre Maël et Noé, son meilleur ami et confident, ou entre Styx et Aïwen, anciens amants… La confiance suffira-t-elle à légitimer certaines proximités, certains actes ? En lisant certaines scènes, je me suis souvent surprise à me poser la question de ce que je serais prête à accepter ou non dans une relation…

En résumé, je dirais que ce roman a été un régal du début à la fin, et la bonne nouvelle c’est qu’il fait partie d’une série dont les différents titres se focalisent tour à tour sur différents personnages qui tous apparaissent plus ou moins fréquemment dans Muse ! J’ai donc hâte d’en apprendre plus ces autres personnages tous plus attachants les uns que les autres ^^

Si vous souhaitez obtenir plus d’informations concernant le projet d’adaptation de Muse en manga, je vous invite à consulter la page Ulule qui lui est consacrée (viiiite, il ne reste plus que quelques heures pour atteindre les 100% !)

N’hésitez pas non plus à regarder ce trailer pour en avoir un aperçu !

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