Lectures

Otomen

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Auteur : Aya KANNO
Editions : Delcourt/Tonkam
Série terminée en 18 tomes

Résumé
Aux yeux de tous, Asuka Masamune est l’incarnation de la virilité. En réalité, il cache un lourd secret : il est un otomen (littéralement « homme au cœur de jeune fille »). Accro au shôjo manga, il craque pour tout ce qui est kawaï, et nourrit une passion pour la couture et la cuisine. Mais pour ne pas décevoir sa mère, il a toujours refoulé sa nature profonde.
La situation se complique lorsqu’Asuka tombe amoureux. Chassez le naturel, il revient au galop : son cœur s’emballe et sa véritable nature refait surface. Asuka est alors tiraillé entre son envie d’être honnête avec l’élue de son cœur et la peur de lui déplaire en se montrant trop féminin.

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Mon avis
Je connaissais Aya KANNO pour sa série Le Requiem du Roi des Roses, un titre sombre et envoûtant (qu’il faut d’ailleurs que je continue), et quelle ne fut pas ma surprise de trouver dans la liste du challenge Do you speak Manga? un autre titre de l’auteure, Otomen, un shôjo qui se trouve aux antipodes de son style habituel ! Portée par la curiosité, j’ai décidé d’inclure cette série dans mon mini-challenge (sélection de titres à lire en priorité) pour voir ce qu’il en était.

Sous ses airs imposants de champion d’arts martiaux, Asuka Masamune refoule un aspect plutôt embarrassant de sa personnalité : c’est un « otomen » (un homme sensible qui aime les trucs de filles). Mais son secret sera vite découvert par deux personnes : Jûta, qui cache lui aussi son métier de mangaka (il est l’auteur du shôjo préféré d’Asuka) et Ryô, une nouvelle élève dont Asuka tombe amoureux, et qui semble plutôt assumer son côté « garçon manqué ».

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Je ne vous cache pas que, dans les premiers tomes, je me suis souvent demandé où l’auteure voulait en venir : ça tournait un peu en rond et je ne voyais pas là matière à remplir 18 tomes sans que le lecteur finisse par se lasser. Et comme en plus les shôjo ne sont pas mon genre de prédilection, j’ai tendance à vite lâcher l’affaire si je vois que l’intrigue n’évolue pas dans le bon sens… *Petite pensée pour Nana*

Mais là, on parle d’Aya KANNO. AYA KANNO, BON SANG ! Pourquoi Aya KANNO irait faire un remake des Bisounours et mettre des coeurs et des paillettes à outrance si ce n’était pas avec une intention particulière ? J’étais à peu près convaincue que quelque chose m’échappait, que peut-être je devais adopter une autre approche de cette lecture pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

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Et soudain, la lumière fut. Il s’agissait simplement de prendre du recul. De prendre la série au 10e degré.

En effet, si Aya KANNO utilise bien les codes du shôjo dans cette série, c’est pour mieux en exagérer les caractéristiques et les détourner. Au fil des tomes, alors que d’autres personnages rejoignent peu à peu l’entourage d’Asuka, on finit par se retrouver avec toute une bande de garçons (voire d’hommes) dont les passions respectives vont de la couture au maquillage en passant par les fleurs ou la cuisine. A l’inverse, la seule fille du lot est complètement nulle dans tous ces domaines, mais possède une force hors du commun due aux entraînements intensifs qu’elle aime effectuer en pleine montagne.

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Bien entendu, tous ces éléments donnent lieu à des situations toutes plus WTF les unes que les autres, ce qui m’a valu quelques fous rires.

Mais sous ces aspects complètement déjantés, la série fait passer un vrai message : celui de l’acceptation de soi. Ne pas refouler sa vraie nature sous prétexte de vouloir rentrer dans le moule (de toute façon, on ne peut pas plaire à tout le monde). Se débarrasser du regard des autres pour pouvoir vivre en harmonie avec soi-même.

Pourquoi les garçons n’auraient-ils pas le droit d’être sensibles ? Pourquoi les filles devraient-elles être fragiles ? Qu’est-ce que la normalité ?
Ce sont toutes ces idées reçues (et quelques réflexions machistes) qu’Aya KANNO s’emploie à briser à travers cette série, et c’est ce qui m’a plu.

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La seule vraie antagoniste de la série n’est autre que la mère d’Asuka qui, traumatisée par sa rupture avec son mari (parti en disant qu’il avait toujours rêvé d’être une femme), n’arrête pas de mettre la pression à son fils pour qu’il soit un homme, un vrai ! C’est d’ailleurs le seul personnage que l’auteure dessinera avec son trait sombre habituel vers la fin de la série, une fin riche en rebondissements avec notamment un tome 17 au ton beaucoup plus sérieux qui contraste complètement avec le reste de la série et un tome 18 qui conclut celle-ci d’une manière satisfaisante.

En résumé, je dirais que cette série m’a fait passer un bon moment grâce à ses personnages décalés et à ses scénarios imprévisibles bourrés de situations cocasses. J’ai aimé découvrir Aya KANNO dans un style qui ne lui était pas naturel à la base et constater qu’elle se débrouillait plutôt bien !

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Un titre parfait pour une lecture sans prise de tête !

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3 commentaires sur “Otomen

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