Lectures

L’Héritage (trilogie) – N. K. Jemisin

(Remarque : cette chronique a été transférée depuis mon ancien blog.
Date de publication originale : 22/04/2014)

Introduction
N(ora) K. Jemisin est une psychologue et femme de lettres américaine.
Les Cent Mille Royaumes, premier tome de sa trilogie L’Héritage paru en 2010, est également son premier roman. Il sera très vite suivi de Les Royaumes déchus, puis de Le Royaume des dieux.

L’intrigue

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Tome 1 : Les Cent Mille Royaumes
Editions :
Calmann-Lévy (roman) / Le Livre de Poche (poche)

Mon nom est Yeine et j’ai dix-neuf ans. Je suis membre du peuple darrène, au Nord des cent-mille royaumes. Une barbare. Il y a un mois, ma mère a été assassinée. Elle était l’héritière des Arameris, la plus puissante famille du monde. Ce matin, j’ai reçu un message de l’empereur, mon grand-père : une invitation à venir séjourner à Ciel, le palais familial. Plus qu’une invitation, un ordre.
Je veux découvrir pourquoi ma mère est morte. Même si on ne revient jamais de Ciel.

 

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Tome 2 : Les Royaumes déchus
Editions : Calmann-Lévy (roman) / Le Livre de Poche (poche)

Dans la cité d’Ombre, sous les frondaisons de l’arbre Monde, les ruelles scintillent de magie et les dieux vivent cachés parmi les mortels. Oree Shoth, une artiste aveugle, recueille un homme étrange. Mais cet acte de compassion la plonge bientôt au coeur d’une conspiration infernale.

 

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Tome 3 : Le Royaume des dieux
Editions : Calmann-Lévy (roman) / Le Livre de Poche (poche)

Les dieux et les mortels, le pouvoir et l’amour, la mort et la vengeance… Elle détruira tout.
Pendant deux mille ans la puissante famille Arameri a régné sur le monde en réduisant en esclavage les dieux qui avaient créé les hommes. Aujourd’hui les dieux sont libres et le temps des Arameri est compté. La jeune Shahar Arameri a juré de faire confiance à Sieh, le dieu imprévisible dont elle est amoureuse. Pourtant son devoir en tant qu’héritière est de protéger les intérêts de sa famille, y compris si cela signifie manipuler et détruire ceux qui lui sont chers. Une mortelle et un dieu, amoureux et ennemis. Shahar et Sieh pourront-ils s’unir contre le chaos qui menace le royaume des dieux ?

Mon avis
Lorsque je me suis plongée dans le premier tome, j’ai très vite été séduite par l’idée de l’auteure de faire interagir les mortels et les dieux.
Avant toute chose, il faut comprendre la religion qui est de vigueur dans le monde des Cent Mille Royaumes : elle est basée sur trois dieux principaux : Itempas, dieu de l’Ordre et de la Lumière ; Nahadoth, dieu du Chaos et des Ténèbres ; et Enefa, déesse de l’Aube et du Crépuscule, Mère de tout être vivant.
Ces trois dieux principaux se sont reproduits entre eux pour donner d’autres dieux, moins puissants et de nature moins complexe. Ceux-ci se mêlent en général plus volontiers aux mortels, intervenant parfois directement dans le quotidien de ces derniers.
Si un dieu a une relation charnelle avec un mortel, et que de leur union naît un enfant, il s’agit d’un démon. Les démons furent exterminés sur l’ordre d’Itempas, car leur sang représentait un poison pour les dieux.
Suite à la Guerre des Dieux, Itempas tuera Enefa et réduira les autres dieux, dont son frère Nahadoth, en esclavage au profit de la puissante famille Arameri, qui règnera par la terreur sur les Cent Mille Royaumes pendant plusieurs millénaires.

Voilà pour le gros de l’explication…
(N. B. : j’ai lu cette trilogie en V.O., c’est-à-dire en anglais, donc il se peut que les termes utilisés dans la version française ne soient pas ceux que j’ai employés…)

Le premier tome nous fait découvrir cet univers à travers les yeux de Yeine, petite-fille de l’Empereur Arameri. Originaire du Grand Nord, Yeine est convoquée au palais impérial par son grand-père, officiellement parce que celui-ci prévoit d’en faire une héritière potentielle au trône.
Mais Yeine n’a aucune confiance en son grand-père, qu’elle soupçonne d’avoir fait assassiner sa mère après que celle-ci eut renoncé au trône, et elle est bien décidée à découvrir la vérité.
Son enquête, et la relation qu’elle entretiendra avec les différents dieux prisonniers au palais, lui révèleront un secret sur son passé qui influencera son avenir d’une manière qu’elle n’aurait jamais pu imaginer. Son avenir, et celui du reste du monde…

Pour un premier roman, je peux dire que N. K. Jemisin m’a bluffée !
L’intrigue est bien travaillée et bien ficelée, et l’auteure prend soin, pour chaque tome, de donner à son histoire des airs de thriller. L’intervention de la magie donne encore plus d’épaisseur au mystère, puisqu’on ne peut pas se baser uniquement sur des éléments rationnels pour expliquer les faits.
Je me suis volontiers laissée prendre au jeu, et je n’ai pas été déçue !

Les personnages sont, eux aussi, très approfondis. Chacun a son histoire, son caractère, ses secrets, sa part de mystère… J’ai beaucoup apprécié le personnage de Yeine, et celui d’Oree Shoth dans le tome 2, deux femmes au tempérament bien trempé, qui devront faire preuve de courage dans un monde où les dieux ne sont pas toujours les êtres les plus à craindre.
D’ailleurs, parlons-en, des dieux : dès le premier tome, je me suis laissée séduire par Nahadoth, avec son ambiguïté et son côté ténébreux, imprévisible ; et par Sieh, dieu de l’Enfance, le joueur de tours en quête permanente d’affection. Dans le deuxième tome, j’ai été contente de découvrir Itempas à travers le ressenti d’Oree Shoth.
La bonne idée de l’auteure, c’est d’avoir changé de narrateur pour chaque tome, ce qui fait qu’en fonction du point de vue, on n’a pas les mêmes impressions des différents personnages, qui révèleront, selon le contexte, leurs qualités ou leurs défauts, leur force ou leurs faiblesses…

J’ai seulement été déçue au niveau du troisième tome, dont le narrateur est Sieh (cité plus haut). J’aurais espéré que, puisque l’intrigue était centrée sur un dieu, l’intervention des « Trois » (dieux principaux) serait plus importante… De plus, je n’ai pas bien réussi à cerner la fin : est-ce la conclusion de cette trilogie, ou bien l’auteure a-t-elle voulu laisser une porte ouverte à une possible suite ?

Mais, dans l’ensemble, il s’agit d’une belle découverte, et je pense que je vais suivre l’activité de N. K. Jemisin avec intérêt !

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