Lectures

Blame!

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© 1998 Tsutomu Nihei / Kodansha Ltd.

Auteur : Tsutomu NIHEI
Editions : Glénat

Série terminée en 10 tomes

L’histoire
Peut-être sur Terre… Peut-être dans le futur… Killy est un cyborg taciturne qui erre dans une gigantesque cité labyrinthique, s’étendant sur des milliers de niveaux. Armé d’un revolver amplificateur de radiations et accompagné de Shibo, un scientifique, il part en quête du « net-gene », un programme qui aurait échappé à la contamination globale d’un virus informatique, et qui serait capable de gérer le monde.

© 1998 Tsutomu Nihei / Kodansha Ltd.

Mon avis
Je ne connaissais cette série que de nom, mais quand j’ai vu que l’adaptation animée était au programme du Festival Anima, je me suis dit que ce serait une bonne occasion de découvrir le manga avant d’aller voir le film (puisqu’il s’agit bien d’un long-métrage).

Honnêtement, j’ai eu beaucoup de mal avec le dessin au début : entre l’ambiance très sombre et le chara design en voie de développement, ça piquait les yeux (j’ai trouvé Killy franchement laid dans certaines cases au début, le pauvre xD) En plus, le tome 1 est pratiquement dépourvu de dialogues : on voit surtout Killy errer dans un enchevêtrement de couloirs, d’escaliers, de tunnels… avec de temps en temps une rencontre et l’occasion pour Killy de se renseigner sur l’objet de sa quête : un « terminal génétique » (aka « des gênes datant d’avant la mutation » ou « des humains avec des lettres ou des images dans les yeux »). Difficile, au premier abord, de savoir à quoi se réfère ce concept. On obtient des précisions au fur et à mesure des tomes et des informations récoltées par Killy, mais il faut accepter d’être un peu (voire carrément en ce qui me concerne) paumé au début. C’est l’jeu ma pauv’ Lucette.

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© 1998 Tsutomu Nihei / Kodansha Ltd.

Pour résumer en très gros : Killy évolue dans un monde futuriste où les intelligences artificielles ont pris le contrôle et considèrent les quelques humains restants comme des « insectes nuisibles » qu’elles n’hésitent pas à supprimer. Mais Killy, vous l’aurez compris, il est du côté des humains, et il va tenter de remettre les choses à leur place, à coup d’émetteur de positrons (une espèce de pistolet qui dézingue tout), s’il le faut. Malgré l’air indifférent qu’il affiche (presque) en permanence, j’ai trouvé ce personnage très touchant dans sa solitude et je m’y suis facilement attachée.

Sur son chemin, il rencontre Shibo, une scientifique anciennement haut-placée, qui ressemble désormais à une momie, mais qui propose d’aider Killy dans sa quête si celui-ci l’aide d’abord à retrouver un corps assez décent pour lui permettre de se déplacer normalement.

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© 1998 Tsutomu Nihei / Kodansha Ltd.

A partir de ce moment, j’ai beaucoup mieux adhéré à l’histoire car, forcément, il y a plus de dialogues, et Shibo apporte quelques explications bienvenues concernant cet univers chaotique. J’ai trouvé que les deux personnages se complétaient assez bien, Killy étant plutôt taciturne, du genre à agir au lieu de perdre son temps en palabres inutiles, alors que Shibo est plus subtile et plus… sociable. J’ai beaucoup aimé les voir évoluer ensemble.

Les tomes se lisent très vite : dès que j’ai accroché (à partir de la fin du tome 2, on va dire), je les ai enchaînés jusqu’au dernier. Il y a beaucoup d’action (c’est « un peu » violent, aussi) et j’avais envie de savoir si Killy parviendrait au bout de sa quête, mais j’avais surtout besoin de réponses à toutes les questions engendrées par cet univers complexe.

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© 1998 Tsutomu Nihei / Kodansha Ltd.

Pour être honnête, une fois la dernière page tournée, je n’étais pas sûre d’avoir tout compris, et à mon avis il faut lire la série au moins deux fois pour bien en prendre la mesure (j’ai relu les deux premiers tomes en diagonale pour rédiger cette chronique et c’était déjà plus clair).

Si la série n’était pas un coup de coeur à proprement parler, je me suis rendu compte en regardant le film qu’elle m’avait plus touchée que je ne le pensais : j’étais très contente de retrouver les personnages alors que je venais à peine de les quitter, et j’ai pu comprendre des choses qui m’avaient échappé pendant ma lecture (même si le film n’adapte qu’une infime partie du manga, dont il modifie d’ailleurs certains éléments), ce qui a donné une nouvelle dimension à mon appréciation. J’ai trouvé l’animation très bien faite, Killy était très classe (surtout avec la voix de Takahiro Sakurai, huhu) et Shibo était très belle 💕 Par ailleurs, le film insiste plus sur les conditions de vie des humains, ce qui le rend peut-être plus accessible (ma soeur et son copain l’ont vu sans avoir lu le manga et ils ont adoré).

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© by Polygon Entertainment

Je recommande vraiment ce titre aux amateurs de science-fiction (je n’en suis pas une à la base, mais bizarrement dans les manga ça passe bien xD), ne serait-ce que pour l’univers vaste et immersif créé par Tsutomu NIHEI. Il ne faut pas perdre de vue que cette série est parue il y a 20 ans, ce qui la rend d’autant plus impressionnante qu’on se trouve maintenant à une époque où les machines prennent de plus en plus de place, remplaçant même les humains dans certains cas : même si la situation dépeinte dans Blame! a atteint des extrêmes, elle a le mérite de faire réfléchir.

En plus de l’adaptation animée, la série a eu droit à un recueil de nouvelles, à un artbook et à un light novel au Japon (plus d’info : ici).

Chez nous, en revanche, elle mériterait bien une réédition (comme la version Deluxe parue chez Kodansha au Japon et aux USA, par exemple) car la seule édition parue en 10 tomes chez Glénat est dans le sens de lecture occidental… Le recueil d’histoires courtes est apparemment paru en couleurs sous le titre Blame! – Gakuen, mais ne l’ayant pas lu je ne peux pas vous en dire plus à son sujet.

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Je compte bien découvrir d’autres oeuvres de Tsutomu NIHEI, à commencer par Biomega (parue en 2004, terminée en 6 tomes) et Knights of Sidonia, (parue en 2009, terminée en 15 tomes), deux séries publiées en France chez Glénat également.

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5 commentaires sur “Blame!

    1. Moi, c’est l’inverse : je ne suis pas spécialement attirée par la science-fiction dans les films ou les romans, mais j’ai lu/vu d’excellentes séries qui m’ont réconciliée avec le genre (à commencer par Terra Formars ou Darker Than Black, par exemple) ^^

      Aimé par 1 personne

      1. J’ai faillit tenter Terra Formars après notamment t’en avoir beaucoup vu en parler ^^ Mon libraire qui me connait bien, n’est pas franchement sûr que ça me plaise car il m’a dit qu’il y a des combats très violents qui durent assez longtemps (je ne suis pas trop longs combats), après il m’a dit que le premier tome pouvait se suffire à lui même et me permettait sûrement de juger si j’aime ou pas.

        Aimé par 1 personne

        1. C’est effectivement très violent xD Je ne suis pas vraiment d’accord par contre concernant la longueur des combats : c’est surtout que le climat de tension est permanent et que les combats s’enchaînent, notamment parce qu’on suit plusieurs personnages à la fois qui doivent affronter des ennemis différents. Le tome 1 est une introduction à la série donc il peut t’aider à te faire une idée, mais la suite est tellement riche et pleine de rebondissements que je n’irais pas jusqu’à dire qu’il se suffit à lui-même…

          Aimé par 1 personne

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