Challenge : "Les Rougon-Macquart"

La Fortune des Rougon

9782253161189-001-tAuteur : Emile ZOLA
Editions : Le Livre de Poche

Résumé
Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d’Etat d’où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d’amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d’eux, c’est aussi la naissance d’une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s’ouvrir. Premier roman de la longue série des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon que Zola fait paraître en 1871 est bien le roman des origines. Au moment où s’installe le régime impérial que l’écrivain pourfend, c’est ici que commence la patiente conquête du pouvoir et de l’argent, une lente ascension familiale qui doit faire oublier les commencements sordides, dans la misère et dans le crime. « Votre comédie est tragique », écrit Hugo juste après avoir lu le livre : « Vous avez le dessin ferme, la couleur franche, le relief, la vérité, la vie. Continuez ces études profondes. »

Mon avis
Lu dans le cadre du challenge Rougon-Macquart organisé par Mypianocanta, ce roman est seulement le deuxième ouvrage d’Emile ZOLA que je découvre, après Germinal lu dans un cadre scolaire il y a plus de 10 ans.

La Fortune des Rougon, qui sert d’introduction à la longue saga qui s’ensuit, nous présente la « joyeuse » famille composée d’une part des Rougon, d’autre part des Macquart :

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Tous ont un point commun : ils sont atteints, de façon plus ou moins évidente selon l’individu, de la névrose dont souffre Adélaïde Fouque (« Tante Dide »), la femme considérée ici comme le point de départ de la généalogie Rougon-Macquart : Adélaïde, dont le père mourut fou, eut un premier fils, Pierre, de son mariage avec un « paysan mal dégrossi » nommé Rougon ; puis, suite au décès de ce dernier, elle eut deux autres enfants (Antoine et Ursule) hors mariage avec « un homme mal famé, que l’on désignait d’habitude sous cette locution : « Ce gueux de Macquart. » »

Le ton est donné.

Dans la préface, Zola explique : « Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d’êtres, se comporte dans une société, en s’épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus qui paraissent, au premier coup d’oeil, profondément dissemblables, mais que l’analyse montre intimement liés les uns aux autres. L’hérédité a ses lois, comme la pesanteur. »

Ce premier roman nous présente donc les personnages que nous serons amenés à suivre tout au long de la saga et les événements qui leur donnent naissance, ainsi que le contexte dans lequel ils évoluent : Plassans, petit faubourg (fictif) du Midi la France, en 1851, alors que le coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte met fin à la IIe République pour fonder le Second Empire, événement que Zola dénonce comme le « viol de la France ».

De par sa vocation à mettre les choses en place, probablement, la narration est ici majoritairement descriptive, et ce roman m’a paru particulièrement dense, avec ses longs chapitres et ses rares dialogues. Je vous avoue que j’ai eu un peu de mal à en venir à bout : étant une lectrice plutôt dissipée, je préfère les chapitres qui se lisent vite et les découpages qui permettent de faire des pauses fréquentes, car même si je suis capable d’enchaîner les pages, je n’ai pas toujours la possibilité de dégager de longs moments de lecture.

Cependant, je dois avouer que j’ai beaucoup apprécié l’écriture de Zola et que c’est sans doute ce qui m’a encouragée à ne pas baisser les bras (ça, et le fait que je suis malgré tout disposée à connaître la suite de la saga !)
J’ai surtout savouré l’ironie qu’il mettait dans la description de ses personnages, dont la plupart sont parfaitement détestables, ainsi que la dérision avec laquelle il dépeint certains événements, en particulier lorsqu’il s’agit de se moquer de la façon dont cette famille peu glorieuse a su profiter de la confusion générale pour tirer son épingle du jeu.

« Il est certaines situations dont bénéficient seuls les gens tarés. Ils fondent leur fortune là où des hommes mieux posés et plus influents n’auraient point osé risquer la leur. »

Parmi les personnages, celui qui m’a inspiré le plus de sympathie est Pascal, le second fils de Pierre et Félicité Rougon : j’ai aimé la neutralité avec laquelle il exerce son métier de médecin, par amour pour la science plutôt que pour s’enrichir, soignant ceux qui en ont besoin peu importe leur condition sociale ou leurs idées politiques, et le détachement avec lequel il traverse cette période trouble grâce à son regard de scientifique qui le pousse à considérer les actions de ses semblables comme des curiosités de l’espèce humaine.

Je poursuivrai donc la lecture de cette saga dans le cadre du challenge pour savoir ce qu’il advient de la famille Rougon-Macquart et pour pouvoir encore apprécier la plume de Zola, dont j’avais gardé un bon souvenir avec Germinal et que j’ai pu redécouvrir avec ce roman.

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5 commentaires sur “La Fortune des Rougon

  1. Oui de l’ironie en effet ! et toute sa désapprobation envers l’Empire qu’il considère presque comme responsable de cete hérédité un peu morbide. Bref, il dissèque les deux … et nous on se régale.
    Chouette chronique ! et je suis contente que tu aies envie de poursuivre la série 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Mais bien sûr que je vais poursuivre My’, je suis têtue xD
      Mais comme dit, j’ai beaucoup aimé l’écriture de Zola et j’avais un bon souvenir (bien que vague) de Germinal donc je mets ma difficulté à venir à bout de ce tome sur le fait qu’il s’agit d’une introduction ^^

      J'aime

  2. Je vais sûrement le reprendre à zéro, je l’avais commencé il y a deux ans comme j’étais souvent en salle d’attente j’arrivais à bien me faire happer même si comme tu le dis ça ne se lit pas vite. Mais oui le style de Zola n’est pas non plus impossible et l’histoire était vraiment bien. Je ne me souviens même plus pourquoi je l’avais arrêté.

    Aimé par 1 personne

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